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Je vous propose le programme Santé de François Fillon,

Fillon : un programme santé qui pourrait décoiffer…

27.11.2016

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Rama/CC Zoom

Enfin du changement ! Frédéric Bizard a des fourmis dans les jambes… Dans un texte signé dans le Huffington post la semaine dernière, le très libéral économiste de la Santé de Sciences Po Paris se livrait à une comparaison des programmes santé des deux finalistes de la primaire de la droite. Et pour lui, il n’y a pas photo : « d’apparence proches, les programmes de Fillon et Juppé reflètent en réalité deux visions très différentes sur l’avenir de notre système de santé« , avance-t-il, créditant le premier d’infiniment plus d’audace pour « réinventer un modèle à la française« , en remettant l’Etat à sa place. Comme en contrepoint, le chef de file du parti communiste, Pierre Laurent a tranché le débat dimanche sur France 3, en qualifiant la plateforme santé de Fillon d’un catégorique : « ce programme-là, c’est la mort de la Sécurité sociale ! »

De fait, de tous les compétiteurs de la primaire, François Filon, désigné dimanche comme candidat de la droite, est sûrement celui qui appelle le plus à des changements d’envergure pour le système de santé. Le volet santé de son programme n’a pourtant été la cible de ses détracteurs que tardivement, en fait depuis 10 jours, à partir du moment où l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a été perçu comme susceptible de l’emporter… Certes, sur bien des points, ses propositions santé ne se distinguent guère de celles de ses concurrents d’hier : concertation accrue avec les médecins, priorité sur la médecine libérale, coups de pouce à l’installation de maisons de santé dans les déserts médicaux, par exemple… De la même façon, tous les candidats de la primaire se prononçaient pour l’abrogation du TPG ou de l’Aide Médicale d’Etat (AME), Filon apparaissant presque modéré sur ce dernier point, puisqu’il propose de réserver aux seuls cas d’urgence, ce dispositif de soins gratuits pour les étrangers clandestins… Les acteurs de santé auront relevé aussi que François Filon insiste beaucoup sur sa volonté de « désétatiser », de « débureaucratiser ». Il est un de ceux qui, à droite insistent le plus sur la nécessité de « remettre les médecins généralistes au cœur du système » et de mieux les payer. Enfin, il veut rétablir les 39h à l’hôpital, mais sans pour autant toucher, dit-il, aux effectifs soignants.

Le dogme de l’équilibre annuel des comptes

Mais l’originalité de sa plateforme santé est ailleurs. Et tient notamment à trois concepts, qui n’ont pas été appliqués jusque-là. A commencer par la fameuse « règle d’or » qui imposerait que l’assurance maladie soit chaque année à l’équilibre. Le concept a déjà été avancé par François Bayrou dans sa campagne de 2007. Mais il n’a jamais été mis en œuvre par quiconque jusqu’alors. Le candidat Filon a déjà évoqué l’adoption de « mesures de correction » en cas de dérapage, dont on peut penser qu’elles viseraient les assurés, plus que les professionnels de santé ; mais là-dessus, François Filon n’a guère donné de précisions. L’application de ce principe serait une petite révolution : cela suppose que les aléas de la conjoncture (moindres rentrées de cotisations) ou les envolées de dépenses de santé devraient être compensés ex post par les Français.

Recentrer l’assurance obligatoire sur l’essentiel

Deuxième axe de réforme : la redéfinition du panier de soins entre la Sécu et les mutuelles. Dans son programme, François Filon explique qu’il veut « offrir la meilleure couverture santé possible à tous nos concitoyens en redéfinissant les rôles respectifs de l’assurance maladie et de l’assurance privée. » En pratique, il propose de « focaliser l’assurance publique universelle, notamment sur les affections graves ou de longue durée ». En dehors de ce panier de soin « solidaire », l’assurance privée interviendrait pour le panier de soin « individuel ». Lors du débat du second tour, François Filon a d’ailleurs indiqué en substance qu’il n’était pas choquant que les Français y soient plus de leur poche pour certains médicaments aujourd’hui pris en charge. « Clarifier la part prise en charge par la Sécurité sociale et par les mutuelles : cela passe par un panier des soins ‘solidaire’ dont sont exclus les soins de confort et la ‘bobologie’ », expliquait-il encore vendredi dans un communiqué. Cette redéfinition des frontières entre le petit risque et le gros est débattue depuis pas mal d’années… Mais jamais mis en application, jusqu’alors, sinon au fil de l’eau…

Ce positionnement a valu à François Filon les critiques d’Alain Juppé dans l’entre-deux tours. Ce dernier lui reprochant lors du débat du 24 novembre de vouloir baisser le taux de prise en charge global. « Je ne réformerai pas l’assurance maladie en diminuant le taux de remboursement des Françaises et des Français et en transférant une partie de ces remboursements à des mutuelles privées« , assurait encore vendredi l’ex-poulain de Jacques Chirac pour mieux se démarquer de son concurrent. Sur le même thème, Marisol Touraine est aussi passée à l’offensive. La ministre de la Santé a fait calculer l’augmentation du reste à charge par Français à 3 200 euros en moyenne par an. Évaluation à la louche, obtenue en sortant de l’ONDAM, tout ce qui n’est pas ALD. Or François Filon n’a jamais dit qu’il cantonnerait l’assurance maladie obligatoire aux seules Affections de longue durée…

Une franchise maladie universelle

De surcroît, le champion des Républicains promet d’octroyer un régime spécial pour que les moins favorisés ne pouvant s’offrir une mutuelle bénéficient d’une couverture accrue. Il évoque aussi un mécanisme de responsabilisation des patients par l’introduction d’une « franchise maladie universelle dans la limite d’un seuil et d’un plafond » : un mécanisme là encore assez novateur, -qui pourrait se substituer à l’actuel ticket modérateur et à la franchise d’un euro et semble s’inspirer du bouclier sanitaire (couverture variable en fonction des revenus et des dépenses engagées), souvent suggéré ces dernières années par les hauts fonctionnaires de Bercy et par certains politiques, mais toujours repoussé par les divers ministres de la Santé, de droite comme de gauche. Lors du débat de l’entre-deux tours, l’ancien premier ministre a lui-même évoqué ce « bouclier de santé » qu’il mettrait en place, pour, dit-il, « que les personnes à revenus modestes ne soient pas pénalisées ».

Reste bien entendu à savoir comment ces différents axes s’articuleront. Tout cela augure cependant d’une refonte importante de notre couverture maladie. Fillon ne l’a d’ailleurs pas caché lors du débat de jeudi dernier, arguant du fait que « notre système de santé a vraiment besoin d’être réformé. »

Source : Legeneraliste.fr

 

3 réponses à to “Le programme Santé de François Fillon”

  • Bouba dit :

    Bjr Raymond

    Je suis surpris tu as l’air de cautionner une « Americanisation  » de notre système de santé ? Ne serait il pas plus simple d’être plus strict dans l’application de ce qui existe déjà , notamment la multiplication exponentielle des actes médicaux (prise de sang , radio etc …..) . Par exemple pour un trauma musculaire pourquoi prescrire d’abord une radio ( qui ne sert à rien) puis une IRM . J’ai eu l’occasion d’aller dans une centre de cure (les Palmiers à Ceyreste) le nombre de gens? moi y compris? qui n’avaient rien à y faire était stupéfiant . Ce n’est pas le système qu’il faut changer mais son application.
    Bouba

  • Raymond dit :

    Bouba , merci de saisir la perche que j’ai tendue, c’est vrai qu’on est un peu complice,depuis près d’un demi siècle, ça fait un bail.
    Je ne cautionne rien du tout , j’informe les lecteurs.
    Je n’ai pas la prétention de faire un commentaire économique étayé , mais en ce qui concerne la sante , je pense pouvoir être crédible.

    Je m’étais interrogé d’ailleurs dans l’article sur les résultats locaux sur le fait que les électeurs lamastrois de F Filion étaient soit traditionalistes de droite, soit libéraux. Connaissant un peu le paysage socio culturel lamastrois je pense que les votants à la primaire étaient pour beaucoup plus dans la tradition locale. Le journal « Le Généraliste » d’où est issu mon article parle d’un programme qui décoiffe , moi je rajouterai qu’il peut faire grincer les dents, pour peu qu’il en reste , ni voit aucune analogie aux sans dents de la hollandie.

    Tu parles des restrictions aux accès au soin , c’est un des problèmes du contrôle médical de la sécu qui connait les abuseurs soit patients soit professionnels mais que le respect du secret médical empêche de dénoncer…
    Et pour parfaire ton information et l’information des lecteurs je te livre la réaction de « MST », Marisol Touraine, paru dans le même journal ce soir :

    « Le retour du PLFSS devant l’Assemblée Nationale a offert à Marisol Touraine une nouvelle occasion d’attaquer François Fillon, élu dimanche candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017. « Le candidat désigné de l’opposition pour la prochaine élection présidentielle propose (…) que les Français qui ne souffrent pas d’une affection de longue durée ou d’une maladie grave ne soient plus remboursés par la Sécurité sociale », a lancé (voir la vidéo) la ministre de la Santé dans l’hémicycle.

    « Il ne s’agit (…) ni plus ni moins que d’une privatisation du système de santé », a poursuivi cette fidèle de François Hollande, y voyant un « retour en arrière sur les valeurs », mais aussi « un surcoût massif pour les familles ». « Ces familles doivent savoir que le cycle des angines et gastros hivernales, que les vaccinations, le traitement des caries, les consultations régulières chez l’ophtalmologue ou, pour les femmes, le gynécologue devront être payés de leur poche », a lancé Marisol Touraine.

    « Nous ne vous laisserons pas faire ! »

    Le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert a également critiqué le programme de François Fillon, disant l’avoir entendu avec « stupéfaction » et « beaucoup d’inquiétude » programmer « le démantèlement de notre système de Sécurité sociale ». « Nous ne vous laisserons pas faire », a-t-il lancé à l’opposition. « Nous ne vous laisserons pas faire croire aux Français que notre modèle social prend l’eau, quand il ne s’est jamais aussi bien porté depuis vingt ans », a-t-il ajouté.

    Défendant « la cohérence » de l’ultime projet de budget de la Sécurité sociale du quinquennat, qui promet la fin du célèbre « trou », Marisol Touraine a aussi dénoncé les modifications du Sénat, en première lecture. Elle y a vu « le refus de mesures de progrès social, la frilosité face aux réformes structurelles et l’irresponsabilité budgétaire », appelant les députés à rétablir leur version, qui en est « le miroir inversé ».

    L’UFML demande aussi des précisions à Fillon

    Concernant les objectifs santé du champion de la droite, la ministre de la Santé n’est d’ailleurs pas la seule à s’inquiéter. Alors que le programme de l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy prévoit de concentrer les remboursements du système public d’assurance-maladie sur « les affections graves et de longue durée », le reste incombant aux assurances privées, avec un régime spécial de couverture pour les moins favorisés, les médecins de l’UFML lui demandent, eux aussi, des précisions.

    Dans une lettre ouverte au candidat Fillon, le Dr Jérôme Marty l’interpelle ainsi : « Les jours qui ont précédé votre élection ont vu l’apparition de doutes et questionnements sur votre programme de santé, en particulier sur la question du système solidaire et de la participation des organismes complémentaires à son financement. » Le leader de l’UFML s’inquiète d’une éventuelle prise de pouvoir par les mutuelles. Il rappelle que « la profession médicale s’est élevée contre la loi Le Roux et le risque d’une financiarisation du soin au travers de l’ANI et de la loi de modernisation de la santé, prouvant son attachement à notre système solidaire. » Et de réclamer des assurances : « Nous vous demandons de clarifier ces points de votre programme et d’apporter des garanties contre tout risque de financiarisation du soin et d’atteinte de la liberté et de l’indépendance des praticiens. »
    Source : Legeneraliste.fr »

    Pour ma part je pense que le plan Fillon sera difficilement applicable dans cette configuration au niveau de la santé, car pour citer A Juppé: « trop brutal »

    En conclusion, « soignez vous bien et profitez bien et vite de la chance que vous pouvez avoir d’être malade actuellement » , c’est du X ieme degré…..

    R Bouit , médecin généraliste de campagne, conventionné , secteur 1 sans dépassement et participant à la permanence de soins du territoire, ce qui me place donc aux antipodes de la privatisation et de l’américanisation .

  • la cartoucherie dit :

    un film à regarder et à méditer la sociale de Gilles Perret

    foi de syndicaliste…

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