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Et oui,  c’est  l’intitulé  d’un  blog supporté  par  le Monde et que j’ai découvert lors d’une  balade sur  la toile.

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L’article a  été  posté  en Décembre  2008  ( d’accord  je suis  un  peu  en  retard…) mais le sujet  portant sur  Lamastre,  et  l’auteur Mael  Stefant étant originaire  de  Desaignes   je  ne  résiste  pas  au  plaisir  de le  partager et vous permettre de  le lire,  et  peut  être de  le commenter en lecteur critique d’article. Un master sur lamastre c’est bon.

05 décembre 2008

L’élu, actes et suffrages. Cas d’étude.


La période des élections tend bien souvent à masquer l’importance du quotidien de la vie politique d’un pays dans l’explication d’un résultat électoral. La présence des différents candidats et les résultats d’une élection doivent en effet ne pas seulement être compris à travers le prisme des luttes partisanes de campagnes, mais aussi à partir des événements marquant de la vie politique de l’entre deux échéances électorales.

Cela est d’autant plus vrai concernant les élections locales en milieu rural. S’agissant des candidats en présence, les élections nationales, régionales ou municipales des grandes villes sont en effet systématiquement les théâtres d’oppositions entre grands partis politiques. Les petites communes relèvent d’une tout autre réalité. Elles présentent peu d’intérêt pour les grands groupes partisans et le fait d’appartenir à un parti politique n’est souvent pas un plus pour s’y faire élire. La présence des candidats a dans la plupart des cas à voir avec des enjeux proprement locaux, particulièrement opaques  pour des observateurs extérieurs. Les résultats d’une élection sont quant à eux difficilement analysables à travers un simple clivage droite/gauche et doivent bien plutôt être compris à partir des relations sociales qu’entretiennent les différents habitants d’une commune.

Lamastre, petite commune ardéchoise de 2520 habitants, offre un bon exemple du poids de la vie politique et sociale d’un pays dans l’explication des résultats d’une élection.

Pas particulièrement en difficulté sur le plan économique, cette commune rurale[2] a amorcé depuis 1999 une phase de repeuplement[3]. Dans le domaine politique, la commune ne se distingue pas par une tendance particulière[4].  Au plan local, le maire de la commune (sans étiquette) est en poste depuis 1995. Il a été réélu en 2001, sans qu’aucune liste ne se présente contre la sienne. Sa liste a été complètement reconduite aux élections de mars 2008, malgré la présentation d’une liste concurrente.

Entre les deux élections municipales de 2001 et 2008, la vie politique et sociale de cette commune a été marquée par un important mouvement de mobilisation contre un projet de réouverture d’une carrière industrielle. Ce mouvement d’opposition a été directement engendré par la décision du conseil municipal de Lamastre de permettre la réouverture d’une carrière industrielle près du village. Cette décision publique a eu un impact direct, d’une part, sur les forces en présence lors des élections municipales de mars 2008 et, d’autre part, sur le résultat de ces élections.

La contestation d’un projet de réouverture d’une carrière

Tout commence en 2003 lorsque qu’un carrier offrit de racheter une petite entreprise locale de maçonnerie ainsi que le site d’une carrière industrielle abandonnée sur la commune de Lamastre. D’une superficie de 0,5 hectares, le site était faiblement exploité par la petite entreprise locale jusqu’en 1988. L’entreprise de maçonnerie a continué à exister, mais le site de la carrière a été abandonné et classé en zone naturelle. La transaction faite, le carrier fit part à la municipalité de sa volonté de réexploiter le site de la carrière. Le site étant classé en zone naturelle depuis son abandon, cette réexploitation nécessitait avant toute chose la modification du Plan d’Occupation des Sols (POS) de la commune.

Le conseil municipal de Lamastre approuva le projet[5] après délibération à l’unanimité moins une voix le 6 mars 2003. La modification du POS nécessitait cependant une enquête publique qui se déroula du 4 août au 8 septembre 2003. Elle passa apparemment inaperçue. Le conseil municipal modifia officiellement son POS le 17 décembre 2004 et l’entreprise déposa son dossier administratif de demande de réexploitation de la carrière en préfecture. La procédure suivit son cours jusqu’à l’enquête publique qui se tint du 15 septembre au 14 octobre 2005. Comme la première enquête publique, celle-ci passa relativement inaperçue au début. Mais une partie de la population pris progressivement connaissance du projet et certains habitants commencèrent à manifester leur inquiétude. Près de soixante personnes participèrent à la dernière séance publique de l’enquête. Le commissaire- enquêteur ne la prolongea cependant pas. Il formula un avis favorable au projet, même s’il déplora la proximité du site de la carrière avec le village, qui se trouve effectivement à environ 1 500 mètres du centre ville. Un « collectif citoyen pour un débat public » se constitua alors et interpella le maire de la commune afin qu’une discussion publique du projet soit organisée. Le maire rejeta la demande et le conseil municipal approuva une seconde fois le projet à l’unanimité moins une abstention le 27 octobre 2005. Le collectif se transforma alors en association en décembre 2005 : l’association SILICE (Sauvegarder les intérêts des Lamastrois par l’Information sur la Carrière et l’Environnement). Cette dernière se fixa pour objectif d’empêcher la réouverture de la carrière.

L’argumentaire de l’association avait plusieurs registres. Les opposants pointèrent tout d’abord les failles de l’étude d’impact présentée par l’entreprise Roffat lors de l’enquête publique. Ils relevèrent des incohérences concernant l’évaluation de la pollution sonore et de l’air. Ils pointèrent, d’autre part, l’augmentation du trafic autoroutier qu’une telle activité devait entraîner et les problèmes de sécurité publique que pouvaient poser les tirs de mines. Ils soulignèrent aussi la dégradation du paysage et de la qualité de vie qu’engendrerait le projet et, par conséquent, le danger qu’il représenterait pour l’activité touristique de la commune. Enfin, les opposants relevèrent la dévaluation du patrimoine immobilier que pourrait provoquer la réouverture de la carrière.

De leur côté, les élus municipaux soulignèrent les avantages économiques et financiers du projet. Ils mirent en avant la création de deux emplois, ainsi que l’élargissement de l’assiette fiscale de la commune, avec un surcroît de revenu de 11000 euros. Ils mirent d’autre part en avant la baisse du prix du granulat et du trafic autoroutier que la remise en exploitation de la carrière devait permettre.

Les membres de l’association multiplièrent les lettres aux autorités politiques, départementales et régionales. Ils obtinrent un rendez-vous avec le sous-Préfet. Mais rien n’y fit. Le Préfet donna son autorisation à la réouverture de la carrière le 15 mai 2006. Entre temps, une seconde organisation de contestation avait émergé : le CLAC (Comité Local d’Action Carrière). L’association SILICE avait quant à elle remplacé son bureau par un collectif dirigeant de dix huit personnes. Au cours de la contestation, Le CLAC organisa régulièrement des petits forums d’information ainsi que des distribution de tracts. Il procéda en outre à plusieurs actions dîtes « citoyennes », qui consistèrent notamment en des actions de blocage de la société Roffat et du Mastrou, l’attraction touristique de la commune. Le 13 mars 2006 SILICE et le CLAC organisèrent conjointement un « Forum d’information » sur le projet carrière. Un ingénieur acousticien à la retraite y présenta les incohérences techniques de l’étude d’impact présentée par l’entreprise Roffat. Le 23 septembre 2006, les deux organisations de contestation et la Confédération Paysanne organisèrent une manifestation qui réunit près de 550 personnes.

Lors de son assemblée générale du 23 novembre 2006, l’association SILICE annonça son intention de déposer un recours en suspension et un recours en annulation de l’arrêté préfectoral d’autorisation de réouverture de la carrière. Cette dernière avait entre temps déjà commencé à être exploité. Le 19 avril 2007, le tribunal administratif de Lyon suspendit par ordonnance l’arrêté préfectoral d’autorisation, puis l’annula, suite à l’audience du 29 novembre 2007. La décision du tribunal se basa notamment sur la mise en évidence de la non-conformité de l’étude d’impact sur le plan visuel et sonore[6].

Lors du conflit engendré par le projet de réouverture de la carrière, SILICE apparaît comme le principal organe de contestation du projet et les élus municipaux comme ses principaux défenseurs. Ces derniers ont en effet par deux fois approuvé par vote le projet carrière. De plus, si in fine c’est le Préfet qui a autorisé le projet à être mis en oeuvre, c’est bien les élus municipaux qui ont décidé du principe de la réouverture de la carrière en modifiant le POS de la commune en 2003. C’est en outre aux côtés du carrier que le maire de la commune a assisté à l’audience du tribunal administratif du 29 novembre 2007. Ce dernier a de plus clairement affirmé à plusieurs reprises sa volonté de remettre en exploitation le site de la carrière.

Une mobilisation de néoruraux

Les opposants à la carrière apparaissent comme étant majoritairement des néoruraux[7] actifs, âgés de 40 à 59 ans, ayant une famille à charge et propriétaires de leur logement. Si les autochtones participent aussi au mouvement d’opposition, ce sont les néoruraux qui apparaissent comme les véritables moteurs de la contestation. Ils représentent 63% des membres de l’association SILICE et sont très largement majoritaires au sein du collectif dirigeant de SILICE.

Les opposants se démarquent de la population lamastroise essentiellement par leur âge et leur statut d’actif. Les mobilisés se concentrent en effet clairement dans une tranche d’âge située entre quarante et cinquante neuf ans, à presque 70%, alors que cette même classe d’âge ne représente qu’environ 27% de la population totale de Lamastre. De plus, là où la population Lamastroise est composée à presque 60% de non-actifs et à plus de 32% de retraités, les opposants à la carrière s’avèrent à plus de 71% des actifs et  à seulement 20% des retraités. Ces différences sont encore plus marquées chez les néoruraux mobilisés. Par exemple, ces derniers se situent encore plus clairement dans la tranche d’âge 40-59 ans, à 80%, en comparaison avec les autochtones mobilisés, qui se répartissent de manière plus équilibrée entre les classes d’âge et en n’étant constitués qu’à 47%  de 40-59 ans.

Ce profil des néoruraux mobilisés, qui constituent le fer de lance numérique et dynamique de la mobilisation contre la carrière, s’avère cohérent avec les motivations de la contestation. Les opposants à la carrière semblent en effet principalement motivés par une volonté de défense de leur projet de vie. Les néoruraux de Lamastre, de par leur âge, leur situation professionnelle et familiale et leur rapport au territoire, apparaissent plus porteurs de projets de vie affirmés et comportant des dimensions (environnementales et économiques) susceptibles d’être menacées par un projet d’aménagement à nuisance (PAN). Ils apparaissent donc plus enclins à s’opposer à un PAN que la majorité des autochtones de la commune de Lamastre. Même si cette différence entre néoruraux et autochtones demanderait à être confirmée, elle semble bien constituer une des clefs explicatives de  la sur-mobilisation des uns et de la sous-mobilisation des autres. Il est important de comprendre que dans cette perspective, ce n’est pas parce qu’un individu est néorural qu’il tendra à se mobiliser contre un PAN. Il sera porté à contester l’établissement d’un PAN, dans la mesure où ce projet d’aménagement entre en contradiction avec l’une des dimensions de son projet de vie.

La modification des relations interpersonnelles entre les habitants de la commune et entre ces derniers et le maire

La décision publique de réouverture de la carrière a eu deux conséquences avérées sur l’évolution de l’univers relationnel lamastrois : le renforcement des relations interpersonnelles au sein de l’association de contestation et la dégradation de la relation entre le maire et ses administrés mobilisés dans l’association SILICE.

Le groupe des mobilisés était avant la mobilisation structuré par un réseau social assez lâche. Les autochtones de la configuration lamastroise tendaient à exclure socialement les néoruraux à travers un refus de la relation interpersonnelle et le développement d’une stigmatisation sociale informelle à leur égard. Cet isolement social a favorisé l’établissement de relations entre néoruraux, ce qui explique la présence d’un réseau social avant la mobilisation. Mais aux dires des mobilisés, ces relations étaient sommes toutes assez superficielles.

Au début de la mobilisation, le groupe des opposants semble ainsi n’être qu’une nébuleuse de connaissances aux objectifs, idées et stratégies dissemblables. La nécessaire définition d’un but et d’une méthode d’action commune pour le développement de l’action collective a entraîné la division de cette nébuleuse d’opposants en deux groupes, le CLAC et SILICE. Chacun de ces groupes a été porteur d’une stratégie d’action spécifique. Mais au-delà de cette question de méthode, ces deux groupes ont rassemblé des personnes qui présentent des passifs relationnels avec le maire différents.

Pour comprendre cela, il faut revenir quelque temps en arrière. Environ un an avant la contestation du projet carrière, un groupe d’habitants, essentiellement des néoruraux de la commune de Lamastre, s’était mobilisé contre le refus du maire de la commune de reconduire son autorisation de production à un festival de musique. Ce festival était produit par l’association Lamastrock. Il se tenait annuellement dans le centre ville de Lamastre depuis sept ans[8]. Le mouvement de contestation, qui dura à peu près un an, fut notamment ponctué par une manifestation de plusieurs centaines de personnes. Un nombre important de personne soutenant le festival « Lamastre en scène » se sont mobilisés contre le projet de réouverture de la carrière. Ces anciens soutiens au « Festival Lamastre en scène » avaient donc, dès avant le début de la mobilisation contre la carrière, une relation de méfiance avec les élus municipaux et notamment avec le maire. Mais suite à la division du mouvement en deux organisations, ces individus se sont concentrés essentiellement dans le CLAC. Il en est résulté que dans SILICE, les personnes mobilisées n’avaient pas globalement d’a priori négatif par rapport aux élus municipaux de Lamastre. Cela va se traduire, au début du mouvement de contestation, par une relative confiance des mobilisés envers les élus locaux. Les mobilisés ont cherché de prime abord la compréhension et le soutien de leurs élus. Cependant, ils se sont trouvé d’abord confrontés à une sourde écoute des élus locaux, avant apparemment que ces derniers ne coupent tout rapport avec les mobilisés[9]. De plus, au cours de la mobilisation, les opposants se sont senti victimes d’un isolement politique et d’une stigmatisation sociale croissante, dont le maire leur est apparu comme le principal responsable.

Cette situation a eu donc deux conséquences majeures : d’une part, la détérioration de la relation entre les membres de SILICE et le maire et, d’autre part, un renforcement des relations sociales entre les membres de l’association.

La naissance d’une opposition politique locale

La double modification de l’univers lamastrois a provoqué l’émergence d’une nouvelle opposition politique locale, l’association CLE (Construire Lamastre Ensemble). Cette association, créée en juillet 2007, a été le support à la présentation d’une liste concurrente à celle du maire sortant aux élections municipales de mars 2008. Rappelons qu’aucune liste ne s’était présenté contre le maire sortant lors des élections municipales de 2001. Ce nouvel acteur émerge directement de l’association SILICE. Certains de ses membres, auparavant politiquement inactifs, ont élargi les objectifs initiaux de leur mobilisation sur le plan politique. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cet élargissement. La situation d’isolement social et politique des mobilisés a d’une part très certainement favorisé le renforcement des relations sociales nouvellement constituées entre mobilisés. Ce renforcement a, en effet, probablement poussé les mobilisés à vouloir faire perdurer ces relations attachées à SILICE au-delà de la première raison d’être de l’association et donc à élargir leurs objectifs de mobilisation. D’autre part, la dégradation des relations des opposants avec le maire de la commune a entraîné le développement d’une critique de son action politique au sein de l’association SILICE. Cette critique s’est essentiellement axée, dans un premier temps, sur les méthodes de gouvernement du maire, dénoncées comme étant particulièrement autoritaires, avec un penchant pour la « manipulation des personnes ».  Bien que la critique sur le fond de la politique du maire soit relativement absente du début de la mobilisation politique des opposants à la carrière, il est possible de parler d’un élargissement des objectifs de la mobilisation dès la création de l’association CLE. Cette dernière formalise en effet le dépassement de l’objectif initial de mobilisation des membres de l’association SILICE, à savoir la disparition du projet carrière à Lamastre, au profit d’un autre objectif de mobilisation, politique (politics) celui-là, à savoir « déloger » le maire de la commune de sa fonction d’élu mayoral[10].

L’exclusion politique des néoruraux

L’explication des résultats des élections municipales de Lamastre, c’est-à-dire la défaite dès le premier tour de la liste Construire Lamastre Ensemble, restera toutefois incomplète tant que l’évolution d’un troisième type de relation sociale ne sera pas étudié : la relation entre les lamastrois mobilisés, néoruraux pour la plupart, et les lamastrois non-mobilisés contre la carrière, voir favorables au projet, autochtones dans leur très grande majorité.

Ces derniers ne sont en effet pas politiquement actifs. Mais la relation qu’ils entretiennent avec les acteurs politiquement actifs compte, puisqu’ils votent et que nous sommes en démocratie. L’enquête n’ayant pas porté sur cette partie de la population de la configuration, il est difficile de déterminer l’évolution de sa relation avec, d’une part, le maire de la commune et, d’autre part, les opposants à la carrière. Plusieurs questions demeurent :  l’exclusion sociale et politique des néoruraux était-elle déjà aussi forte avant la mobilisation ? S’est-elle accompagnée d’un renforcement de la position du maire au sein de la configuration lamastroise ? Ces questions, fondamentales pour notre propos, apparaissent difficiles à trancher définitivement en l’état actuel de nos connaissances. Mais il est probable que le mouvement anti-carrière et la présentation de la liste CLE aux élections municipales de 2008 aient été des moments particulièrement propices à l’exacerbation d’une exclusion sociale et politique des néoruraux, au sein de la population autochtone de la commune. Cette exacerbation de l’exclusion sociale des néoruraux au cours du conflit explique très certainement la défaite de la liste CLE aux dernières élections municipales et semble, en tout cas, avoir participé à un renforcement de la position du Maire au sein de la configuration politique de Lamastre.

Reste à savoir si ce renforcement est durable ou s’il ne reste lié qu’à une situation politique locale spécifique, où l’alternative politique au maire de la commune ne consisterait qu’en des néoruraux investis en politique. En clair, l’apparente position de force du maire sortant resterait-elle d’actualité si le clivage néoruraux/autochtones disparaissait des enjeux de la prochaine élection municipale ?

Maël STEFANT  Lyon, le 17 octobre 2008


[1] Cet article est issu d’une enquête de sociologie politique menée dans le cadre d’un mémoire de recherche de Master 2 en 2007/2008. Il a pour but de présenter les principales conclusions de l’étude. L’enquête a principalement consisté en la réalisation de 16 entretiens semi-directifs avec les principaux acteurs du conflit d’aménagement. Titre du mémoire : Le maire et la confiance de ses administrés. La carrière politique d’une action publique locale. Préparé dans le cadre du Master 2 de science politique, spécialité « politiques publiques et gouvernements comparés », Institut d’Études Politiques de Lyon.

[2] Avec une densité de population de 96,9 hab/km², la commune peut être considérée comme une zone rurale d’après les critères de la Direction générale de l’agriculture et du développement rural de la Commission Européenne. http://ec.europa.eu/agriculture/envir/report/fr/rur_fr/box3.htm (site consulté le 21/08/2008)

[3] La population en baisse constante depuis 1962 amorce une phase de repeuplement depuis 1999 avec une augmentation de la population de 2,2% entre 1999 et 2005.

[4] Aux élections présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy y a été élu avec 52,42% des suffrages. Mais aux législatives de la même année, c’est à un socialiste que la commune a accordé la majorité de ses suffrages (53,39%) et il en a été de même en 2002 (50,48%).

[5] Le projet carrière a deux aspects. Premièrement, l’entreprise Roffat prévoyait une activité d’extraction de granulats (qui s’avèrent essentiellement être du granite et du gneiss). La surface d’extraction prévue était de six hectares, soit douze fois supérieure à la taille du site en 2003. La production était estimée à environ 60 000 tonnes par an, avec un maximum de 100 000 tonnes. L’étude d’impact précise que cette activité devait générer un trafic quotidien de 28 passages de  poids lourds, notamment dans le centre ville de Lamastre. Deuxièmement, le carrière prévoyait d’utiliser le site de la carrière comme une plateforme de distribution de granulats alluvionnaires issus d’autres carrières. cf. résumé non technique de l’étude d’impacts du projet de réouverture de la carrière à Lamastre.

[6] La société Roffat a fait depuis appel de cette décision (février 2008)

[7] Il est à noter que par « néoruraux » il est entendu « une population qui a vécu en milieu urbain, incluant les migrants de retour et les ex-villégiateurs, et qui a fait le choix de vivre en permanence en milieu rural, pour des motifs d’ordre individuel, socio-économique ou parce qu’elle est fortement influencée par les qualités esthétiques et environnementales du milieu choisi ». (SIMARD Myriam, « Nouvelles populations rurales et conflits au Québec : regards croisés avec la France et le Royaume-Uni », Géographie Économie Société 2007/2, Vol. 9, p. 196) Un néorural peut ici aussi bien être une personne qui a vécu en ville et qui n’est pas originaire du milieu rural où elle vit, qu’une personne qui est native de l’endroit où elle vit, mais qui a vécu de manière prolongée ailleurs. Les individus natifs d’un milieu géographique et qui n’auraient jamais _ou très peu de temps_ vécu en-dehors de ce milieu sont généralement appelés indifféremment « natifs », « locaux », « ancrés » ou « autochtones ». C’est ce dernier terme qui semble correspondre le plus à la réalité décrite et qui sera donc privilégié ici.

[8] Le festival s’est tenu pour la dernière fois en 2004

[9] Le propos développé ici est basé sur le point de vue des enquêtés, l’enquête n’ayant pu réunir suffisamment d’éléments d’information sur le point de vue des élus municipaux.

[10] La volonté d’éconduire le projet de réouverture de la carrière peut aussi être entendu comme un objectif politique. Mais il se rapporte plus à la sphère du gouvernement qu’à la sphère de la compétition politique. Le français ne propose pas de distinction entre ces deux dimensions du terme « politique », à la différence de l’anglais et de l’allemand.  Ainsi, le terme anglais « policy » désigne précisément la dimension du gouvernement politique, alors que le terme « politics » correspond lui à la sphère de la compétition politique.

05 décembre 2008 Publié Science Politique. Approches et Travaux | Lien permanent | Alerter

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