Nous sommes en période électorale pour les présidentielles 2027.
L’éducation est et sera un thème de campagne majeur et tous les candidats se retrouvent en voulant donner plus de moyens pour l’éducation : plus de profs, moins d ‘élèves par classe, meilleur recrutement par une amélioration des salaires des enseignants, optimisation de l’intégration. Sur tous ces points le consensus paraît une certitude. Restera la réalisation.
Le débat philosophique du 19 ieme siècle qui a permis de créer une école publique obligatoire et si possible gratuite est dans tous les esprits, la querelle scolaire qui a pourri la vie politique du 20 ieme siècle reste encore sous-jacent dans les professions de foi des partis et des candidats.
L’épiscopat catholique qui a ferraillé dur pendant un siècle et demi contre l’enseignement public, assujetti à « la gueuse », est même arrivé a faire entrer dans le vocabulaire populaire que son école confessionnelle était « libre », puisque non républicaine alors quelle était totalement inféodée au dogme religieux, ce qui paraît pour le moins antinomique…. Le 21 ieme siècle voit l’émergence d’écoles religieuses musulmanes parfois limite coraniques qui incite certains défenseurs historiques des écoles confessionnelles à mettre de l’eau dans leur verre de vin et a trouver des vertus à la laïcité qu’il ont combattu pendant des décennies. Actuellement en 2026 un Jean Cornec, chantre de la laïcité du 20 ieme siècle, n’y retrouverait pas ses petits….
Les écoles publiques laïques qui ont prospéré en campagne dans le sillage de Jules Ferry et de la loi de 1905 ont permis à nos communes ardéchoises isolées de faire apprendre un solide savoir de base à leurs enfants.
Désaignes, commune très étendue, peuplée et isolée n’a pas échappé à cette avancée républicaine qui a constitué une vraie « révolution culturelle » pacifique, son terreau réformé y a été surement pour beaucoup dans l’acceptation et l’adhésion à l’école républicaine et laique.
Geneviève Champeley qui se passionne pour l’histoire de Désaignes nous a adressé son travail d’inventaire historique des nombreuses écoles des hameaux de la commune.
LES ECOLES de DESAIGNES
Comme on le sait, à partir de 1830 se dessine la volonté d’un système national de l’instruction primaire.
La loi Falloux en 1850 sépare les deux types d’écoles, publique encadrées par l’Etat et les libres. Il est demandé aux communes de plus de 800 habitants aient une école de filles.
La loi Duruy en 1867 est fondatrice de la politique scolaire et le Certificat d’études primaires est mis en place.
A Désaignes, en 1863 un quart des enfants n’est pas scolarisé. 22% des hommes et 34% des femmes sont illettrés. En 1853, 200 filles de 6 à 13ans sont scolarisées et 145 ne le sont pas. 160 garçons le sont et 91 ne le sont pas.
En 1831 il y a une école protestante (Deruy) ;
En 1861 le consistoire décide d’établir une école à l’Hermet.
En 1878 le conseil municipal de construire celle de Balaron.
En 1879 c’est au tour de l’école du Peyron.
En 1885, il est décidé de construire l’école de Syalles.
En 1888, le propriétaire du terrain en veut un prix trop élevé.
En 1889, la commune achète un autre terrain.
En 1895, le conseil constate que les plans ont disparu !!
Enfin en 1896, c’est l’ouverture de l’école et la nomination de la première institutrice.
En 1890, ce sont celles de Beaume, les Nots et le Fraysse
Beaume:
Les Nots:
Le Fraysse:
Il faut souligner qu’ils proposent des classes d’adultes à l’école du Peyron, de l’Hermet et de Balaron.
Les écoles sont dirigées par des instituteurs catholiques au Fraysse et à Syalles, protestants aux Nots et au Peyron.
C’est la construction du pont du Massoir en 1884 qui a déterminé la construction de certaines écoles.
Le recrutement était difficile pour les institutrices, car ces écoles étaient isolées, loin du bourg, donc des commerces. En plus il n’y a ni électricité, ni eau, il faut aller la chercher à plus de 200m.
Puis les fermetures vont se succéder car les hameaux se dépeuplent aujourd’hui, pour arriver finalement au déplacement des enfants en taxi depuis les hameaux vers le bourg.
Fermetures :
Altitude — date
900m — le Fraysse en 2001
600m — les Nots en 1982
800m — le Peyron en 1976
800m — Beaume en 1953
800m — Syalles en 1976
800m — l’Hermet en 1981
700m — Balaron en 1976




















