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Rencontre littéraire :

Quand la détestation paternelle rencontre la littérature

 

Animer une librairie n’est pas uniquement une affaire de pratique commerciale, de distribution d’édition voire de fournitures scolaires, le travail d’un libraire, sa mission (osons le mot) est aussi ou peut-être avant tout, de conseiller le lecteur et bien souvent de lui faire partager ses coups de cœur.

Un partage que vient de réussir en fin de semaine dernière Myriam notre libraire lamastroise, un partage ou plutôt un beau et difficile challenge  réalisé en deux temps : présenter un ouvrage dont le titre « La vie de merde de mon père, la vie de merde de ma mère et ma jeunesse de merde à moi » laisse la place à toutes les hypothèses y compris les plus pessimistes, et réussir à faire venir de Paris l’auteur « Andréas Altmann » au bar artistique « La source » à Désaignes pour une rencontre avec les lecteurs.

Un pari gagné sur toute la ligne, l’auteur a répondu à l’appel et les lecteurs étaient au rendez vous.

Comédien de formation, grand voyageur du nord au sud de l’Afrique, de l’Inde aux Etats unis, Andréas Altmann a tiré de ses voyages et de ses rencontres de grands reportages qui seront publiés dans de grands magazines allemands et internationaux.  Installé à Paris au début des années 90 l’écriture sera au centre de son activité. C’est en 2011 qu’il publie ce récit autobiographique dont la traduction française sortira chez Acte Sud en 2019.

Un récit d’une enfance ravagée dans l’après guerre, dans un haut lieu de pèlerinage catholique en Bavière, plein de brutalité et de terreur entre un père violent détruit par la Seconde Guerre mondiale et une mère dépressive trop faible pour protéger ses enfants. Une histoire vraie peuplée de prêtres fanatiques et pédophiles, d’anciens nazis sans remords, de femmes humiliées ou complices…

Un récit dont l’auteur a lu des extraits devant un public subjugué, un homme qui refuse le statut de victime et montre la voie de la reconquête d’une vie libre et digne, un enfant battu qui écrit cependant à la fin de son ouvrage : « il m’arrive de verser des larmes  pour leurs deux vies cruellement gâchées. Et pourtant, ce n’est pas avec un grand déplaisir que je songe à eux. Je les emporte avec moi comme des sinistres patrons, comme des avertisseurs qui clignoteraient en permanence : pour que je ne finisse jamais comme eux ».

Ce soir là au bar artistique un auteur se mettait à nu, apportant la preuve que la littérature sait transcender les blessures les plus effroyables.

Est-il utile de préciser que l’ouvrage est disponible à « l’arbre à feuilles ».

Rencontre littéraire Altman ARBRE à FEUILLE Myriam Bert

Mike

 

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