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Réparation de la digue de Lamastre, c’est OUF !!! ,

Depuis quelques jours une entreprise de travaux publics s’affaire dans le lit du Doux, entre le pont de Tain et la confluence du Sumène.

Ces travaux préparatoires conséquents consistent en la réalisation préalable d’une piste carrossable qui permettra aux engins d’accéder à la partie abîmée de la digue.

piste accès chantier digue 1

C’est au niveau de l’impact presque perpendiculaire du Doux contre la digue que siège le point de faiblesse de celle-ci.

La digue avait déjà fait l’objet de travaux de réfection: d’abord en 1964 après la crue centennale de 1963, ces travaux avaient fait réaliser une semelle béton en forme de trottoir.

semelle béton réalisée en 1964

puis plus récemment par la fermeture en béton du canal historique d’apport d’eau aux jardins de la plaine qui constituait un cheminement potentiel de l’eau en cas de crue.

fermeture vanne irrigation jardins historique

Le problème actuel est celui d’un creusement «naturel» fait par le Doux sous la digue, creusement appelé affouillement et générateur de dégradation, il fallait donc intervenir avant la catastrophe.

Je me permets un petit rappel historique. Lamastre a du son développement économique au 19 ième siècle par l’édification successive de deux digues de protection empêchant le Doux d’occuper la totalité de son lit potentiel dans la plaine. Les premières digues en terre et remblais sous l’égide du syndicat de défense contre le Doux de Fréderic Nodin ,

plaque rue frederic nodinlamastre

puis la dernière celle érigée à la fin du 19 siècle par la Compagnie du Chemin de Fer pour permettre la traversée de Lamastre , cette digue en pierres bétonnée posée devant la digue déjà existante a protégé Lamastre de façon efficace depuis le début du 20 ième siècle jusqu’à aujourd’hui.

DIGUE-de-lamastre par chemin fer

Les autorités de tutelle qui gèrent la prévention des risques naturels n’ayant pas connaissance des DTU des digues précédentes ne peuvent valider leur conformité et cela pose un problème administratif majeur, un peu comme si les digues n’existaient légalement pas, Ubu n’est jamais loin administrativement de nous.

Heureusement les décideurs sous la maîtrise d’ouvrage du Syndicat du Doux ont pris les choses en main à la demande de la communauté de commune de Lamastre et vont «boucher le trou» sous la digue afin de prévenir toute brèche.

Les préalables de protection de l’espace naturel qui va inévitablement subir quelques agressions ont consisté à l’intervention des gestionnaires du milieu naturel des rivières du bassin du doux en l’occurrence « les pêcheurs du Haut Doux ». Les bénévoles de l’assoc ont mouillé le maillot à deux reprises lors de pêches électriques en juillet avec la Fédération Départementale de Pêche ce qui a permis de déplacer le maximum de poissons en amont et en aval de la zone de travaux.

benevoles pecheurs

 

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pecheur haut doux

Merci aux bénévoles qui bien que « pêcheurs devant l’Eternel » méritent bien leur label:  « de Protection du Milieu Aquatique de Lamastre».

 

Les travaux doivent obligatoirement de dérouler en période d’étiage , ils nécessitent de pomper l’eau arrivant de l’amont pour permettre d’accéder à la brèche. Nous n’avons pas les détails techniques du déroulé des travaux mais il y aura probablement association d’injection de béton et d’enrochement.

etapes chantier digue lamastre 2026

Cette réhabilitation de la digue devrait donc protéger efficacement le quartier de la plaine où habitent près du tiers des habitants de l’agglomération et ou se situe l’employeur industriel majeur.

Des détails architecturaux montrent que les colères du Doux inquiétaient les habitants car certaines maisons situées à la partie déclive de la rue de grenouilles devenue rue Ferdinand Hérold sont surélevées par rapport au niveau de la rue,

maison surélevée protection inondation rue grenouille herold lamastre

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protection inondation doux rue des grenouilles herold lamastre

et rappelons que la rue Olivier de Serres à tous ses «rez de chaussée » niveau rue qui correspondent à un premier étage par rapport au niveau du lit du Doux.

On ne peut donc qu’être heureux de ces travaux.

Mais, mais comme tout ce qui se réalise ne fait pas que des heureux, il y a toujours des mécontents !

castor phyldus lamastre protection

Et oui quelques « naturalistes » locaux régionaux s’insurgent, pas vraiment sur la nécessité des travaux mais sur leur réalisation, ce qui constitue un état d’esprit un peu mesquin.

Par le biais des inévitables réseaux sociaux , à grands renforts de publications youtube et facebook, on est informé qu’un couple de castors vivait paisiblement exactement à l’endroit de l’affouillement, dont on ose espérer qu’il n’est pas à l’origine.

Un des post youtube: https://www.youtube.com/watch?v=y1ysbn4nOV4

Rappelons que les réseaux sociaux utilisés pour la médiatisation des problèmes sont grands consommateurs d’énergie et de plus nécessitent des volumes d’eau importants pour les Datacenters….ce qui est le comble pour des défenseurs amoureux de la nature et des rivières. Malheureusement les naturalistes qui accusent les donneurs d’ordre de crimes et menacent d’amendes n’ont pas pu ou décidé d’intervenir en amont pour déplacer les castors comme la fédération de pêche l’a fait avec l’aide des bénévoles.

Les castors sont une espèce protégée ce qui depuis leur réintroduction en France à partir d’un nombre restreint d’individus entraînent une colonisation des cours d’eau. Extension qui ne va pas sans inconvénients, l’espèce travaille avec ses dents qui coupent les arbres à proximité, ce qui fait souvent grogner les riverains et fait de très gros dégâts chez les arboriculteurs. Dégâts nécessitant des protections budgétivores et chronophages et l’installation de clôtures électriques énergivores. Puis le castor construit des barrages qui modifient aussi l’écosystème en créant de zones d’eaux stagnantes qui majorent l’eutrophisation du milieu diminuant ainsi la qualité de l’eau vive tout en favorisant l’évaporation. Vous l’aurez compris tout n’est pas bon dans le castor….

Pour revenir à nos castors locaux, la question est : où sont-ils passés ?, on ne les voit plus depuis le début des travaux, on espère que malgré la consanguinité liée au petit nombre d’individus à l’origine de la réintroduction ils auront eu le réflexe de survie de fuir à l’arrivée des engins pour reprendre leur vie de couple loin du chantier, à moins qu’ils n’aient le cerveau trop lent.

Si on suit les différents communiqués des naturalistes un  peu  instrumentalisés sur ce coup   il semble qu’ils aient pris conscience d’avoir levé un lièvre qui va trop vite pour eux.

De surcroit s’il devait y avoir plainte, poursuite, et condamnation, nous serions tous impliqués par nos impôts pour régler l’amende ( de 150 000 à 450 000 € tout de même)  puisque les donneurs d’ordre élus et administratifs bénéficient de la protection juridique…. Ubu là aussi.

Pour ma part et en conclusion je pense que la quiétude des humanoïdes de la plaine vaut bien le dérangement temporaire de deux castors de la rivière.

« O tempora o mores ».

R Bouit. Avec pour mémoire le  3  Août 1963.

Une réponse à to “Réparation de la digue de Lamastre, c’est OUF !!! ,”

  • Sebastien dit :

    À propos du passage consacré au castor dans l’article « Réparation de la digue de Lamastre : c’est ouf ! »

    À lire cet article, on pourrait croire que quelques « naturalistes » se seraient réveillés au dernier moment, à grands renforts de réseaux sociaux, pour s’opposer à la réparation de la digue et défendre coûte que coûte deux castors. C’est une présentation pour le moins éloignée de la réalité. Nous invitons d’ailleurs l’auteur de ces lignes, ainsi que toutes les personnes qui souhaitent réellement comprendre la situation, à venir nous rencontrer sur le terrain lors de notre prochaine intervention. Il est toujours plus simple de discuter d’un dossier lorsque l’on connaît ce qu’il s’est réellement passé.

    Commençons par le plus important : nous ne sommes pas opposés aux travaux de sécurisation de la digue. Nous sommes parfaitement conscients du problème que représente cet ouvrage en cas de crue et de la nécessité de protéger les personnes et les biens. Mais cette problématique n’est pas apparue au mois de juillet 2026 ! Un peuplier se développe depuis de nombreuses années sur l’ouvrage. Le Doux a progressivement créé une zone d’affouillement et de sape dans les soubassements, offrant notamment une cavité que les castors ont fini par utiliser. On peut donc légitimement se demander pourquoi une situation connue depuis plusieurs années devient soudainement une urgence absolue au moment où les travaux commencent. Cela ne signifie évidemment pas que le risque n’existe pas. Cela signifie simplement qu’il faut éviter de réécrire l’histoire du site pour justifier l’urgence actuelle.

    Et surtout, contrairement à ce qui est écrit, nous sommes intervenus en amont. Castor & Homme a été missionnée en octobre 2025 et rémunérée par le syndicat pour réaliser une étude naturaliste préalable au projet. Notre rôle était précisément d’identifier les enjeux liés à la faune sauvage et notamment au Castor d’Europe. Nous avons réalisé cette étude, rendue en décembre/janvier. Notre rapport signalait une forte probabilité d’utilisation des soubassements de la digue par le castor, utilisation depuis confirmée par observation directe et contrôle caméra, et formulait des recommandations très précises. Parmi celles-ci figurait notamment une inspection approfondie des cavités, par caméra ou avec des plongeurs, car une simple inspection visuelle extérieure ne permettait pas d’écarter le risque de présence d’un animal dans l’ouvrage. Nous écrivions explicitement que cette mesure devait permettre d’éviter un éventuel emmurement accidentel d’un individu. Nous avions également recommandé que les travaux lourds évitent les périodes les plus sensibles du cycle biologique, notamment la période de reproduction et d’élevage des jeunes.

    Ces recommandations figuraient donc dans l’étude réalisée avant le chantier. Il est assez singulier de nous reprocher aujourd’hui de ne pas être intervenus « en amont » alors que nous avions précisément été missionnés pour cela et que nous avions formulé ces recommandations. L’inspection par plongeurs a finalement été réalisée, sans que nous en ayons été informés. Nous n’avons pas été associés à une réunion permettant de confronter les résultats de cette inspection et leurs conséquences avec les conclusions de notre étude. Nous avons finalement appris le démarrage des travaux par notre correspondant local. Précisons enfin que l’auteur de cet article ne nous a jamais contactés avant sa publication, une simple vérification auprès de nous aurait pourtant permis d’éviter plusieurs approximations. Alors non, nous n’avons pas attendu que les réseaux sociaux nous donnent envie de nous intéresser au sujet. Nous étions déjà là. Nous avions fait notre travail ! «

    Déplacer les castors » n’est pas une solution magique. L’article nous reproche également de ne pas avoir « déplacé les castors » comme l’aurait fait la fédération de pêche. Cette présentation montre surtout une méconnaissance totale de la problématique. Lorsqu’un chantier intervient sur un site occupé par une espèce protégée, la question n’est pas simplement de déplacer les animaux avant l’arrivée des engins. Il faut identifier les gîtes, comprendre l’utilisation du site, tenir compte de la période biologique, anticiper les risques et adapter les modalités d’intervention afin d’éviter destruction ou perturbation. C’est précisément ce que nous recommandions. Et rappelons au passage une chose assez élémentaire : le castor n’a pas creusé le béton de la digue. Il a exploité une cavité existante dans l’ouvrage. C’est précisément parce que nous avions identifié cette possibilité que nous avions demandé une inspection approfondie. Une précision supplémentaire s’impose sur l’origine du castor dans notre secteur, tant la confusion est répandue : le castor n’a pas été « réintroduit » dans le bassin du Doux. C’est précisément dans le sud du bassin du Rhône, dont l’Ardèche fait partie, qu’a survécu la dernière population française de l’espèce, protégée dès 1909. Ce sont des individus prélevés dans cette population qui ont ensuite servi à repeupler d’autres bassins (Loire, Alsace, Bretagne…). Ici, le castor n’est jamais parti ou est revenu seul.

    Quant à la « consanguinité » … L’article évoque également la « consanguinité » supposée des castors français et semble y voir une explication possible au fait que les animaux ne seraient plus observés depuis le début du chantier. La population française possède effectivement une diversité génétique relativement faible en raison de son histoire récente. Mais cela ne signifie absolument pas que les castors seraient incapables de réagir à une perturbation ou qu’ils auraient un quelconque « réflexe de survie » défaillant. Un individu a été vu à côté des engins de travaux, sur « sa zone », les premiers jours puis plus rien. Ne plus les observer ne permet pas de conclure qu’ils sont morts, qu’ils ont fui, qu’ils ont changé de secteur ou qu’ils se trouvent encore dans le secteur mais sont devenus beaucoup plus discrets du fait du dérangement. Quant à l’évocation de leur « cerveau trop lent », nous laisserons chacun apprécier la valeur scientifique de cette remarque.

    Le castor ne se résume pas à ses dégâts Même problème lorsqu’il est question des barrages. Oui, le castor abat des arbres. Oui, il peut provoquer des dégâts qui nécessitent parfois des protections et une gestion des conflits. Oui, ses barrages modifient profondément les caractéristiques locales d’un cours d’eau. Mais présenter ces modifications uniquement comme la création de « zones d’eaux stagnantes » favorisant l’eutrophisation et l’évaporation est une vision très réductrice du fonctionnement de ces milieux. Le Castor d’Europe est justement considéré comme un ingénieur des écosystèmes : ses activités peuvent créer ou transformer des habitats humides et aquatiques et favoriser une biodiversité différente. Cela ne signifie pas que tout est bénéfique partout et tout le temps. Cela signifie simplement qu’un animal sauvage ne peut pas être décrit sérieusement uniquement à travers les problèmes qu’il peut occasionnellement poser aux activités humaines. Notre association le sait parfaitement : nous travaillons justement depuis des années sur les conflits entre castor et activités humaines et sur les moyens de les résoudre. C’est une des missions de l’association aux côtés de l’OFB.

    Et puisque l’article évoque les réseaux sociaux… Cet argument est plutôt cocasse et ne tient pas : dénoncer l’utilisation des réseaux sociaux par les naturalistes au motif que les data centers consomment de l’énergie et de l’eau ne résiste pas à l’examen. L’article que nous commentons aujourd’hui est lui-même publié sur un site Internet, hébergé sur un serveur et dépend des mêmes infrastructures numériques. Si l’objectif est de démontrer que le numérique a une empreinte environnementale, personne ne le conteste. Mais cela ne permet évidemment pas de déterminer si une observation de terrain est exacte ou non. L’empreinte énergétique d’un outil de communication ne rend pas une donnée naturaliste plus ou moins vraie.

    Alors, non : nous ne sommes pas « contre les travaux » Nous sommes contre une manière de présenter le dossier qui oppose artificiellement la protection des habitants à celle du castor. Nous comprenons la nécessité de sécuriser la digue. Nous aurions simplement souhaité que les recommandations issues de l’étude naturaliste réalisée pour ce projet soient réellement prises en compte et que les échanges avec les personnes ayant réalisé cette étude puissent avoir lieu avant le démarrage du chantier. Malgré cela, et alors même que la période d’intervention retenue n’est pas celle que nous avions préconisée, nous continuons à accompagner autant que possible la situation afin que les travaux se déroulent avec le moins de conséquences possible pour ces castors et pour les personnes qui interviennent sur le chantier. Parce que notre objectif n’a jamais été d’empêcher ces travaux. Il est de faire en sorte qu’ils puissent être réalisés sans casse inutile. Alors plutôt que de monter au créneau par voie de presse ou sur les réseaux sociaux, nous renouvelons notre invitation : Venez sur place. Nous vous montrerons ce que nous avons observé, ce que nous avons écrit dans notre rapport et pourquoi nous avons formulé ces recommandations. Ce sera probablement beaucoup plus instructif qu’une polémique à distance.

    Pour Castor et Homme

    Sébastien Penel

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