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En fouillant  un peu dans les archives locales j’ai trouvé un mémoire datant de 1971, écrit par Edmond Lespet, Lamastrodesaignois, qui retraçait la démarche de création de l’Association Culturelle de Désaignes , l’auteur qui n’a pas été mis au courant de la parution va surement se relire de son ile lointaine et s’il le désire pourra  apporter avec le recul son commentaire à l’article.

L’originalité de la création de l’A C D réside dans le fait que c’est l’association cultuelle de l’Eglise Réformée de Désaignes qui dès 1968 a créé l’Association Culturelle de Désaignes pour valoriser l’arrivée des orgues  suisses au temple  et donner un essor à la démarche culturelle  en  général  et  musicale  en  particulier,  qui se scindait  ainsi « un peu » et c’est notable pour l’époque de la « sacro-sainte » religion.

On n’en était pas encore à la laïcité, mais on s’en approchait par l’œcuménisme.

Le texte :

LES ORGUES

A partir de ces réflexions le Conseil Presbytéral chercha à donner dans un esprit de service et de témoignage une orientation nouvelle a la paroisse, Centrée sur l’accueil, qui déborderait le cadre strictement ecclésiastique pour déboucher sur le plan du village (et de la commune).

Le Pasteur avait bien parlé d’installer des orgues a relativement peu de frais à Desaignes, mais quelle aventure pour une si petite commune et une si petite paroisse !, que de points d’interrogations restes en suspends! Évidemment, on avait  un Temple de 8-900 places tout neuf, reconstruit dans ses vieux murs après l’incendie qui l’avait ravagé le 30 Juillet 1962, et la nostalgie de revoir cet édifice plus souvent plein faisait  t bien un peu rêver, ; mais l’ardéchois ne fait pas de dépenses à ia légère.

L’ habitude de n’acheter que lorsqu’ il a l’ argent est encore bien ancrée chez lui. Si  l’orgue de Marterey était très bon marche, la paroisse n’avait quand même pas de quoi se l’offrir!

Pourtant, ce projet qui s’ inscrivait à contre-courant  des données démographiques et économiques n’était pas fait pour déplaire  totalement aux conseillers qui connaissent le courage et la persévérance de l’ardéchois, sa confiance en l’avenir, même si en apparence celui-ci n’est pas très brillant. Ainsi, en Novembre 66, à quelques uns, ils sont allés y voir de près. Apres tout, n’était-ce pas étrange aussi, .cette générosité de la part d’étrangers, cet instrument avait-il réellement de la valeur? Mieux valait se rendre compte de visu……….. Et ils ont pris la route pour Lausanne. Et pendant près de 2 jours, penchés sur l’orgue comme sur un malade qu’on ausculte, ils ont écouté, regardé et entendu l’opinion des spécialistes.

Cette visite devait t être déterminante. Il s’agissait  bien d’un cadeau et d’une occasion inespérée: un orgue pneumatique de 16 jeux, entièrement révisé 8 ~ns plus t8t, dont il suffisait de prendre livraison pour le remonter a Désaignes. Sur devis, il s’ agissait d’une opération de 23.870 F, soit:

,démontage                                                                     1.510 F.

dédommagement pour remise en état des lieux 10 000 F ..

transport T.I.R                                                           . 2.560 F.

remontage à Desaignes                                            9.800 F.

(total: 23.870 F.)

Puis le Conseil s’aperçut qu’une économie substantielle pourrait être réalisée, grâce a la disponibilité et au dévouement de certains paroissiens en mettant a la disposition des spécialistes quelques « manœuvres » pas du tout qualifies mais d’une bonne volonté plus que certaine. On se disait aussi que le transport serait bien gagné si l’on trouvait un bon camion, assez gros, au village, mais c’était déjà plus risque, vu la délicatesse de la tache. Enfin, il fallait encore y réfléchir……. et puis voir aussi comment financer cette aventure! Pas question bien entendu de faire appel a la solidarité des églises voisines, qui contribuent déjà au financement du poste pastoral, c’était aux désaignois, et a eux seuls, d’assumer cette charge.

En juillet 1967, tous les avis étant pris, les derniers récalcitrants convaincus~. ( ou presque!), la direction générale des douanes ayant accorde une franchise totale, l’assemblée Générale se prononçait en faveur du projet, tel qu’il était présenté dans le mémoire diffuse a cet effet. .

Au mois d’octobre 1967, une équipe de 10 Désaignois partait pour Lausanne, démonter l’instrument…… le charger sur le camion, et le rapporter au village, car ça y était, le transport, c’était eux aussi qui l’assuraient, grâce a l’amabilité d’un paroissien qui voulut bien mettre un semi-remorque a disposition. Après 5 jours de dur labeur,…. et quelques instants de détente, le camion, son chargement et toute son équipe de manœuvres – devenus presque des spécialistes , était de retour a Désaignes.

Le remontage s’effectuait quelques mois plus tard, avec le même enthousiasme, le chantier devenant le lieu de rendez-vous des villageois. La encore la solution adoptée, par son originalité mérite d’ être soulignée: Un spécialiste de la facture d’orgue, fit le travail avec l’aide de paroissiens donnant, qui  1/2 journée, qui 1  jour entier quand ce n’est pas davantage. On peut dire que près de 40 hommes de la paroisse ont travaille a « leur » orgue.

Le 28 avril 1968, ce fut l’inauguration avec Monsieur Andre Luy, titulaire des orgues de la Cathédrale de Lausanne et Président de la Société romande des organistes, qui donnait un concert très brillant devant plus de 1.000 personnes. Ce bon départ laissait bien présager de l’avenir.

 

LES CONCERTS

Car le départ des « Concerts de Désaignes »  était donné, encore fallait-il trouver une formule, un label.

Un concert de temps à autre aurait pu satisfaire, mais cela n’était pas original et ne présentait pas d’avantage sur le plan publicitaire  (en donnant l’habitude aux mélomanes de venir a Désaignes).

C’est alors qu’on pensa a des concerts sous forme de séries, établies selon un cycle régulier, et l’on arriva très vite à la formule actuelle, à savoir  une série de 3-4 concerts au printemps espacés chacun de 15 jours et une série de 4 concerts en été au même rythme. Pour le choix des artistes, la aussi deux possibilités, soit prendre ceux qui se présentaient avec toutes les incertitudes que cela implique, soit être très exigeants des le départ sur la qualité des interprètes. Poser la question, c’est répondre, c’est ainsi que des le premier été il fut possible d’offrir d’excellents concerts donnes par des artistes de premier plan. Puis, grâce au concours et a la compréhension de Mr Luy, les Concerts de Desaignes furent organises en étroite collaboration avec ceux de la cathédrale de Lausanne. Ce système de parrainage ou plutôt d’association, permet de recevoir a moindres frais de grands organistes français ou étrangers, connus ou moins connus, l’important étant plus la qualité d’interprétation que la réputation internationale.

Sur le plan financier il y avait aussi deux solutions possibles, soit demander un droit d’entrée ( qui risquait d’être assez élevé, vu la qualité des artistes, et entrainait des charges importantes), soit maintenir l’entrée libre avec participation aux frais. Cette seconde solution correspondait mieux au désir de faire de la culture musicale populaire dans un esprit de service et de témoignage.

Ces concerts méritent quelques remarques.

1- La participation a été très forte, des le début, (400-500 personnes en 1968) et s’est toujours maintenue par la suite a un niveau élevé  (environ 2 a 350 personnes par concert).

2- Si la participation de la population locale a été assez faible au départ, elle n’a fait que croitre et c’est un résultat très encourageant pour la suite de l’expérience.

3- L’équilibre financier a pu être maintenu, malgré l’entrée libre, grâce a la générosité de beaucoup. .

4- En 1970, le Conseil général a manifesté son intérêt pour cette activité culturelle de haute tenue, puisqu’il a apporté une aide substantielle…. aussi  appréciée que nécessaire.

 

 

 

Une réponse à to “Mémoire de l’orgue de l’ACD”

  • edmoorea dit :

    Je n’ai plus trop en tête le contenu de ce mémoire qui a quand même 41 ans … mais je voudrais tout de même parler de ce qui a suivi les concerts de Desaignes, c’est à dire les stages jusqu’à et y compris les stages de facture d’orgues et rappeler qu’un petit orgue « positif » a été construit dans ce cadre . Il a assez longtemps été utilisé au Temple puis il a changé de destination . Bien entendu, il n’avait pas la qualité d’un orgue Cavallié Coll mais il a eu le mérite d’exister et de contribuer ainsi à la notoriété des « Concerts de Desaignes » et des stages attenants .
    Je regrette un peu que pour les 45 ans on n’ait pas repris le véritable logo des « Concerts de Desaignes » avec les tuyaux d’orgue, ce logo avait à l’époque l’avantage de mettre en évidence l’affichage et il permettait un repérage immédiat dans la « forêt » des affiches .
    BON ANNIVERSAIRE à l’ACD et que les nouveaux bénévoles continuent à maintenir ces activités musicales , et là je fais confiance au nouveau Président Laurent JOUVET .

    Amicalement depuis la lointaine Polynésie .
    Edmond Lespet

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