Voici le texte de Geneviève Champeley pour l’inauguration de la place Remi Chazallon à Désaignes

Rémi CHAZALLON est né le 17 janvier 1802 à Désaignes d’un père instituteur puis cultivateur et d’une mère fille d’un notaire (Maître Patouillard).
Après de brillantes études chez les Basiliens et ensuite à Polytechnique, il sort « ingénieur hydrographe » en 1824, il est alors nommé au Dépôt des cartes et plans de la Marine dont la SHOM est l’héritier.
Jusqu’en 1837 il participe à la reconnaissance des côtes de France sous les ordres de Beautemps-Beaupré (plus connu que lui). Une publication du Pilote Français sort , dans laquelle il réalise 150 cartes et plans, 279 vues et 184 tableaux de pleines et basses mers, ce qui fut la base des acquis en matière d’hydrographie, d’observations astronomiques, et de géodésie (science du relief sous-marin).
Il est alors nommé en 1838 responsable du service des marées, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 1861.
En 1839, il publie son annuaire des marées des côtes de France, innovation française reprise très vite par de nombreux pays. Il propose alors d’équiper plusieurs ports français de marégraphes, qu’il a réalisés avec l’aide d’un horloger parisien, pour mesurer le niveau de la mer. Pour cela il reçoit la médaille d’argent de la Société d’encouragement au nom du Comité des Arts Mécaniques. Ces marégraphes seront installés à Alger, Toulon , Brest, Cherbourg, St Malo, Le Havre et St Nazaire.
Nicolas Pouvreau (coordinateur national de l’observation du niveau de la mer) qui travaille à la SHOM, est venu nous voir pour collecter quelques renseignements sur Rémi Chazallon nous disait : « le nom de Chazallon est aujourd’hui davantage connu par les habitants de son village d’origine que par les spécialistes de la discipline scientifique qu’il a pourtant développée, organisée et pérennisée : la marégraphie.
Il fut élu député de l’Ardèche en 1848, il avait une profession de foi révolutionnaire : « L’énergie de mon caractère, je la consacrerai à la défense des idées d’ordre et de progrès, à l’organisation des institutions républicaines, à la fécondité des grands principes de liberté, je veux la liberté de la presse, des cultes, de l’enseignement, de l’association, des transports. »
Il siègera sous la deuxième République du 23 avril 1848 au 26 mai 1849 dans le camp des républicains modérés.
Il devient Officier de la Légion d’Honneur en 1862. Il fut aussi membre de la commission municipale de Désaignes, nommé par le préfet en 1870.
Il prend sa retraite et se retire à Désaignes où il décède le 24 décembre 1872, après avoir donné 2000F aux pauvres de la commune. Il est enterré au cimetière du village.
Il était très attaché à son village, y revenait souvent lors de ses congés ou à l’occasion de ses déplacements dans le sud.
En effet il s’occupait de sa famille, n’étant pas marié si ce n’est à la mer.
C’était un physicien de grand mérite, son annuaire a permis de prévenir un grand nombre de sinistres maritimes. Cela a rendu la navigation beaucoup plus sûre.
Je terminerai par une citation de Jules Michelet dans son livre « La Mer » en 1861 à propos de Rémi Chazallon :
« Si l’on donnait une couronne à celui qui sauve une vie humaine, combien n’en eût-il pas reçue ! »

Geneviève Champeley
Dans le cadre de la numérotation et dénomination des lieux du village, la Municipalité nous a conviés, vendredi 23 août pour dévoiler deux nouveaux noms de places.
Nous nous sommes retrouvés sur la première place derrière la mairie, en présence du conseiller départemental, Jean-Paul Vallon, Monsieur le Maire souhaitait la bienvenue et expliquait pourquoi c’était un évènement particulier. Ils étaient tous deux ceints de leur écharpe tricolore, pour honorer Rémi Chazallon qui fut député de l’Ardèche en 1848.

C’est Geneviève Champeley, Présidente des Amis du Vieux Désaignes qui a fait l’historique de la vie de Rémi Chazallon, ingénieur hydrographe, homme remarquable et méconnu par tous, né et enterré à Désaignes.
Un texte de 1988 présentant les célébrités locales:

S’en est suivi le dévoilement de la plaque. Puis nous sommes allés sur la placette de la tour qui prenait le nom de « Place Conrad Kilian ».

C’est Jean Bernard qui retraçait la vie de celui-ci. C’était le découvreur du pétrole au Sahara, il a eu un destin terrible, en effet il a participé aux deux guerres mondiales, et ses recherches sont restées vaines car le gouvernement ne l’a pas cru, mais les anglais le suivaient de près, il s’est retrouvé pendu à 1m20 du sol dans son appartement, quel triste fin !
Nous nous sommes rendu ensuite au château où le maire dévoilait une plaque « Musée Jean Bernard » à la grande surprise de celui-ci.

En reconnaissance de tout le travail de recherche fait par ce bénévole, en collaboration avec Monsieur Pagès, et secondé par François Chareyre, il a mis en place les expositions du musée (la réforme, la salle des outils agricoles du XIXème siècle, le travail de collecte de témoignages de la deuxième guerre mondiale et des justes, les écoles, et dernièrement la première guerre mondiale) travail colossal qui intéresse nombre de visiteurs.

Avec son humour habituel, il a commenté cet honneur et a finalement compris pourquoi sa famille et ses amis s’étaient déplacés de si loin !
Nous avons terminé ce périple par un apéritif convivial comme sait l’organiser la commune de Désaignes.
Geneviève Champeley.
crédit photos Mike.
La Mémoire au Musée municipal de Desaignes. par Jean Bernard.
Les Amis du Vieux Desaignes et le Devoir de Mémoire par Emile Marmurek et Jean Bernard.
Association Danse et Mouvement

Nouvelle saison , séance d’essai offerte

la saison de rugby 2019, 2020 repart à Lamastre
Ce mardi un petit comité en forme de team building municipal réceptionnait la fresque du préau des gradins de la place Montgolfier .

Un petit rappel historique les gradins avaient constitué a posteriori le gros point de discussion de la réhabilitation des 3 places sous l’égide du plan petite ville qu’avait souscrit la municipalité Poyet.
En effet la place avait perdu son « poids-bascule » ancestral et un projet de bâtiment de surface approximativement identique avait été validé en conseil municipal.
La projet aurait pour vocation d’héberger l’office du tourisme et des toilettes , idée séduisante pour un centre ville .
Le rajout des gradins , la non prise en compte dans les estimations des surfaces correspondants à des hauteurs inférieures à 1.80 mètres, et la nécessite d’un garde fou ceinturant l’édifice avait abouti au monstre architectural fort décrié à l’époque.
La municipalité actuelle a décidé à l’encontre de l’avis de l’ébauche de démocratie participative qu’avait constitué la démarche « déplace tes places » de garder la structure.

Celle-ci est donc devenue un préau destiné à abriter tous les sans abris potentiels , et la nécessité de le décorer est apparue.
La déco a été validée sur un budget com com, le thème fait apparaitre des allégories faciles à appréhender avec des items locaux : chèvres , rivières, montagnes, cyclistes, train Mastrou, baignades, touristes et un camping car incognito.
L’artiste qui signe QUETZILLA a des attaches du coté de Tournon.
« En mouvement perpétuel. Ephémère ou éternelle,la peinture évolue. Seul le temps est immortel. » Quetzilla
Le rendu final a bien évolué au fur à a mesure de la réalisation sur deux mois avec une finition nette qui donne à l’œuvre un esprit naïf limite surréaliste.

Le local devrait être équipé de mobilier chaises et tables et de bénéficier de surveillance vidéo afin d’éviter que des couillons apportent leur touche artistique personnelle à l’œuvre originale.
https://www.youtube.com/watch?v=SgB12l1c8Ww
Maurice Poyet qui avait défendu sa réalisation avec son ardeur habituelle serait surement heureux de la deuxième vie de ces(ses) murs, avec effectivement une ouverture certaine du bâtiment, malheureusement coté rue; et une utilité certaine à venir pour les promeneurs et touristes locaux.
A suivre donc.
R B













