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Femme, entrepreneure, en milieu rural : trois «handicaps » valant panache dans les Monts d’Ardèche !

S’y rallient, au gré des circonstances, une vingtaine de femmes développant une activité économique.

Rencontre de trois d’entre elles : une céramiste d’art, une apicultrice et une libraire-brocanteuse.

Au pays de Lamastre, Marie Legras est céramiste, diplômée des Beaux-Arts de Lyon; Marion Chapel est apicultrice, métier qu’elle rêvait d’exercer; Myriam Bert, libraire de formation mais longtemps salariée, a puisé la « pêche » d’entreprendre chez la fleuriste, son précédent employeur, pour revenir à son métier de cœur, cette fois-ci en tant que chef de sa propre société. Toutes trois ont en commun la joyeuse volonté de faire leur vie là où elles l’ont décidé, même si elles n’y sont pas nécessairement nées.

Bien que vivant dans un rayon kilométrique réduit à vol d’oiseau, elles se sont rencontrées pour la première fois il y a tout juste deux ans, par hasard un 8 mars, journée de la femme. Ce jour-là eut lieu la première réunion du collectif « Entreprendre au féminin en milieu rural » qui s’est surnommé par la suite « Les Sacrées Bonnes Femmes », non sans discussions passionnées, tant leurs tempéraments, leurs activités et leurs histoires respectives sont variés ! Mais, au terme d’un débat démocratique, ce choix s’est imposé. Outre le sens démocratique, elles partagent ces caractéristiques : ce sont des femmes créatrices d’entreprises, en milieu rural. Fleuriste, potière, infographiste, épicière, naturopathe, hélicicultrice, professionnelles du bien-être, hôtelière, restauratrice, productrice de fromages bio, pâtissière… peu importe leur secteur d’activité. Elles viennent d’horizons divers et, installées dans les Monts d’Ardèche, assument le choix d’y vivre activement. Accompagnées par Anne Julien du site de proximité CeDRE*, qui est à l’initiative de cette démarche et qui anime et fait office de « tiers garant » lors de leurs réunions à la fois formatrices et conviviales, elles partagent aussi le sens de l’entraide, le goût d’apprendre et de se perfectionner. Le groupe décide d’abord de favoriser l’interconnaissance : se connaître les unes les autres (elles organisent notamment des binômes) et se faire connaître. A l’occasion des cadeaux de Noël l’hiver dernier, l’accueillante librairie de Myriam, à Lamastre, s’est révélée, entre autre, la hotte des Sacrées Bonnes Femmes : elles cultivent la possibilité de « consommer local », y compris des nourritures spirituelles.

Elles ont pleinement conscience que, pour vivre local, mieux vaut acheter local !

Un réseau aussi utile que convivial

Ce collectif élabore des axes prioritaires, définit ses objectifs et les met en œuvre. Par exemple, celles qui le désiraient ont pu bénéficier récemment d’une formation courte sur la communication.

La gestion du temps, l’organisation du travail, le rapport à l’argent; échanger des idées, parler de ses performances et de ses difficultés (ailleurs qu’entre pairs… qui sont parfois déprimants !) sont autant de thèmes retenus. Ces échanges décloisonnés sont vécus comme très enrichissants et stimulants. « On ressent le fait d’être dans un même bateau prêt à aller au bout du monde » témoigne Marion, qui a jeté l’ancre à Désaignes. Elle « conduit » des ruches dont le miel, marqué produit du Parc des Monts d’Ardèche, lui sert à confectionner, par exemple, d’innovantes guimauves.

Les exemples d’entraide sont multiples, nonobstant leur emploi du temps de chef d’entreprise et de mères de famille souvent. C’est, par exemple, aider la potière à construire un «four éphémère», c’est la pâtissière qui transmet des connaissances en confiserie pour favoriser les ventes d’une autre, une aide au ramassage  des escargots de l’hélicicultrice, c’est du prêt de  matériel, du dépôt-vente de produits, ou encore, dans un autre registre, une contribution poétique à une création de  Marie pour une édition du Mai des Métiers d’Art, à la ferme de Bourlatier,  sur le thème « Partageons l’oralité »… Les possibles  sont riches et variés !

 

Et puis, faire partie du  groupe « Entreprendre au Féminin en milieu Rural »  permet de se dégager  d’une forme d’isolement  lié au fait de vivre à la fois  ces trois « casquettes » qui  ne facilitent pas les relations sociales et les loisirs,  faute de temps ! « Isolée, moi ? Non ! » avait tout  d’abord rétorqué l’une d’elles à la responsable du site de proximité CeDRE.

Elles peuvent se rendre compte aujourd’hui, avec  un peu de recul sur l’expérience partagée, qu’intériorisé, ce sentiment pouvait insidieusement agir comme facteur limitant, et « brider les ailes » estime  Myriam, maintenant que la chrysalide salariée s’est transformée en libraire indépendante… en milieu rural  .

article repiqué sur le revue des parcs naturels  régionaux de France , numéro 69.

http://www.parcs-naturels-regionaux.fr/upload/doc_telechargement/grandes/Revue%20Parcs%2069.pdf

a l’initiative du CeDRE.

cedre@inforoutes-ardeche.fr

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